Le Progrès et ses différentes facettes

Le Progrès et ses différentes facettes

Le concept se décline sur plusieurs registres, individuel, sociétal, social et planétaire, registres étroitement imbriqués pour ne pas dire intriqués au sens quantique du terme.

A u niveau individuel, on considère comme un progrès tout ce qui permet de « vivre mieux » notion très subjective et dépendant de chaque individu. Tout ce qui permet à un individu d’augmenter ses possibilités de choix peut être, de son point de vue, considéré comme un progrès tout en pouvant être une régression pour la société, tel l’enrichissement personnel par exemple, ou une catastrophe pour la planète comme l’usage des sacs plastique. Au plan sociétal, c’est ce qui permet aux individus d’être libérés de situations perçues comme contraignantes, comme la maîtrise de la maternité et donc de la sexualité, l’apparition des robots de service à la personne susceptibles d’exécuter les tâches ménagères, l’accès à l’énergie, à une bonne nourriture, à l’eau, aux soins gratuits pour tous c’est à la fois sociétal et social car c’est ce qui permet de maintenir la société en tant que telle en bonne santé et assurer sa pérennisation. La baisse massive du temps de travail salarié (mais pas du revenu) est une marque de progrès car libérant du temps mais aussi faisant sortir de l’aliénation du rapport social d’exploitation. La propriété collective des forces productives matérielles de l’humanité serait le progrès majeur de l’époque que nous vivons, permettant à la société en tant que telle, d’opérer les choix, économiques, écologiques, sociétaux, assurant bien-être et pérennisation, c’est-à-dire libérant la force productive humaine et donc les individus qui en sont porteurs.

Assurer la pérennité de l’humanité

Cette vision du progrès est nécessairement sous-tendue par le développement des forces productives matérielles, c’est-à-dire les moyens d’action sur la nature, la compréhension de ses mécanismes intimes.
Le progrès au XXIe siècle passe par un développement sans précédent de l’activité scientifique. Les problèmes à résoudre pour assurer la pérennité de l’humanité nécessitent la préservation de notre écosystème menacé par le système de production et d’échange qu’est le capitalisme. Nous sommes arrivés à un stade de développement de l’humanité où la puissance des hommes sur la nature est devenue telle qu’un petit groupe d’individus, voire un individu peut mettre en cause la vie de millions d’autres ou celle même de l’humanité tout entière, la régression sociale et la dégradation de l’écosystème en cours en étant les manifestations les plus visibles. C’est ce qui rend obsolète et mortifère le régime de propriété privée de ces moyens d’action ; (i.e. les forces productives matérielles) et objective la nécessité d’une société du « en commun ». C’est là fondamentalement l’enjeu du communisme et une conception renouvelée de la démocratie. Mais le progrès de l’humanité, s’il passe par le dépassement du capitalisme ne peut être assuré sans que ladite humanité se dote d’outils scientifiques sans commune mesure avec ceux dont nous disposons actuellement pour assurer l’approvisionnement en énergie et matières premières de l’humanité, pour comprendre et maîtriser les variations climatiques, l’actuel réchauffement, puis le contenir, permettre de nourrir l’ensemble de l’humanité, gérer mers et océans. L’état actuel des grandes théories scientifiques et les problèmes scientifiques qu’elles soulèvent ainsi que la dialectique des interactions avec la société, laisse entrevoir la nécessité d’une remise en cause et d’une avancée majeure dans notre conception du monde et des moyens d’action sur celui-ci. Il est fort probable que nous soyons à la veille (à l’échelle de temps historique) d’une révolution scientifique et de la conception et de la place de l’activité scientifique dans l’activité humaine elle-même, marquant là un progrès certain (décisif ?) dans, notre connaissance et représentation du monde et, partant, nos moyens pour le transformer et transformer la société. Les grandes questions techniques sont celles des infrastructures, de l’approvisionnement, de l’énergie et des transports, mais les solutions, si elles ont une forte composante scientifique et technique, comme nous l’avons pointé ci-dessus, ne peuvent être mises en œuvre efficacement que par une volonté politique mise au service de l’ensemble de l’humanité. Ainsi les questions de l’insécurité alimentaire, de l’utilisation commune des ressources en eau, des ressources halieutiques ressortissent-elles plus à des choix politiques que techniques ou scientifiques, mais « plus » ne signifie pas « seulement ».

Prendre en compte l’évolution démograhique

Ces progrès, permettant à l’humanité, aux peuples, de reprendre la maîtrise de leur destin en toute connaissance de cause – c’est là la vraie démocratie – ne peuvent s’opérer qu’à partir d’un progrès décisif et massif dans la formation et la prise de conscience. C’est l’enjeu actuel. La prégnance mortifère des problèmes, leur ampleur, leur complexité, la chape de plomb idéologique régnante engendre les replis sur des idéologies millénaristes qui se veulent parfois « écologistes » rêvant d’une nature pure qui n’a jamais existé, niant le progrès, incapables de voir la dynamique de la science et des techniques, fustigeant « le productivisme » sans prendre en compte l’évolution démographique des trois prochaines décennies, et avançant de pseudo-solutions qui sont en fait des régressions y compris scientifiques comme par exemple d’empêcher des recherches sur les OGM, et sans remettre fondamentalement en cause le capitalisme en tant que système de production et d’échanges ; des idéologies réactionnaires quoi.
La Revue du projet, n° 23, janvier 2013 : http://projet.pcf.fr/33868

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