Lutte de classes à l'heure de la révolution numérique

Attention ce qui suit est en discussion et donc susceptible de fortement évoluer et ne représente mes élucubrations qu'en l'état 8 novembre 2016 à 23h.

 

Je ne saurais trop recommander la lecture de l'Humanité du 9 novembre sur ce thème; comme quoi j'avais 24 h d'avance. Le problème y est posé, mais pas résolu, mais le fait qu'il soit posé et qu'on ait de premiers éléments de réflexion est positif.

Un camarade me faisait remarquer que le PCF déterminait sa ligne en fonction du fait que "d'autres" (?!) risquaient de prendre sa place en appui des luttes de classe. Ce n'est pas un problème si d'autre(s) sont sur le terrain de la lutte de classes, malheureusement nous sommes les seuls, et encore, la dérive sociétale dans laquelle se sont fourvoyées les directions précédentes a nettement affaibli le message et émoussé le fil. JLM lui est plutôt sur les positions de Negri, la multitude, le peuple. C'est vrai que les repères doivent être ré-évalués, la façon de produire et d'accumuler du capital a évolué et évolue de façon extrêmement rapide. Il y a nécessité absolue de ré-évaluation théorique. Il ne s'agit pas de revenir aux "fondamentaux", les évangiles selon Saint Lénine ou Saint Jaurès, ou encore  Saint joseph, il s'agit de venir au fondamental ! Quelqu'un comme MGB qui est loin d'être sotte l'a bien senti, mais elle n'a pas été capable de le théoriser ni n'a su poser explicitement le problème et ses attendus, et nul d'entre nous n'a posé le problème en ces termes car nous avions et avons tous "le nez dans le guidon"; elle a préféré s'attaquer aux conséquences au jour le jour, d'où une dérive sociétale accentuée, sans doute marquée par une culture religieuse du "bien" et du "mal". La route de l'enfer est pavée de bonnes intentions. La dérive vient de loin, le mouvement socialiste (au sens XIXe siècle) et révolutionnaire français a toujours oscillé autour des critères de la révolution bourgeoise de 1789, K. Marx en son temps s'en plaignait déjà, ce ne sont ni les Fourrier ni les Proudhon qui me démentiront, le Parti communiste français est héritier de ces courants, le PCF a de tous temps été soit ouvriériste, soit dans une dérive sociétale (mes cinquante ans de Parti sont là pour en témoigner !). Je pense que le problème vient du faux concept de Classe ouvrière (quitte à provoquer des hoquets chez certains). Ce n'est pas un concept marxiste à proprement parler, pas plus que celui de dictature de la classe ouvrière, ça c'est l'héritage de Joseph Dietzgen dont il est vrai Marx disait le plus grand bien. Le vrai concept c'est celui de prolétariat qui est basé sur un rapport social, celui de l'aliénation due à la nécessité pour vivre de la vente de la force de travail. QUELLE QUE SOIT LA NATURE DUDIT TRAVAIL, ce que ne recouvre pas le pseudo-concept de classe ouvrière. Il y a une réévaluation théorique majeure à faire, avec la révolution numérique de toute façon c'est marche (et vite !) ou crève !

Velain 17/11/2016 08:22

Bonjour,

Les rapports entre la révolution de 1789 et son prolongement par le mouvement ouvrier est une question d'importance.
1789, c'est tout à la fois la réussite d'un rassemblement inédit des forces vives du pays (le tiers état se vit comme le tout de par son travail...), l'invention d'une autre manière de faire de la politique (cesser de gérer des intérêts particuliers défendus par les ordres pour gérer l’intérêt général) et l"invention de l'opposition Droite/Gauche (la droite regroupant les partisans de l'ordre existant, la gauche les opposants à cet ordre).
Dès l'abolition des privilèges, il y aura donc constitution d'une nouvelle Droite pour qui la révolution a terminé son œuvre - la prise de pouvoir de la Bourgeoisie montante.La gauche comprendra deux tendances: pour l'une la révolution est terminée mais il reste des questions sociales et sociétales à résoudre. Pour l'autre, le nouvel ordre a introduit de nouveaux privilèges et privilégiés.
Un Sieyes posera alors le nouveau paradigme politique: Désormais, certains homme considèrent la masse des autres hommes comme des hommes-machines.
Une approche pré-marxiste d'un abbé qui n'était ni proudhonien, ni fouriériste.
Une approche qui vaut encore au moment de notre révolution "numérique" où il convient de ne pas faire l'impasse sur le rapport social dominant. Dans ce contexte, la lecture de Marx est plus pointue que celle de Jaures: En régime capitaliste, l'homme aux écus arbitre entre l'homme (son prix et ses qualifications, sa productivité) et la machine (son cout et ses caractéristiques).

Quant à prolétariat/classe ouvrière, je suis d'accord les concepts ne se recoupent pas totalement. Mais pour y voir clair, il faut en passer par le débat des classiques sur activités non-productives (de richesses) et productives (de richesses). Il convient ici de différencier richesses et valeur et de faire les lien entre Richesses, règne de la nécessite, surplus de richesses, conditions d'existence et de développement de fonctions et activités "non-productives"
Car les productifs et les non-productifs ont tous besoin de manger le pouding de Marx.

KALDOR François 09/11/2016 15:08

Il y a lieu également d'évaluer les conséquences de l'évolution du droit de propriété,qui fut le succès de classe de la révolution française.

Francis Velain 26/11/2016 08:36

Effectivement ce serait utile.
Ce sera l'occasion d'éclairer le débat actuel sur les revenus ou salaires universels. Ici un article qui résume assez bien à quoi renvoyait déjà ce débat dans les années 1789;
http://www.multitudes.net/A-l-origine-du-revenu-garanti/
La grande conclusion a tirer ici est que poser la perspective de revenu universel oblige tôt ou tard à affronter la question de la propriété des moyens de production.
Il faudrait rajouter pour celui d'aujourd'hui d'autres lien par rapport aux exigences patronales de réduire les charges et les politiques libérales "contre les déficits sociaux". Sans compter l'enjeu de remplacer la solidarité par le travail de 1945 (via la cotisation) par la solidarité nationale qui nous ramènerait assez vite aux pratiques initiées dès la société d'ordre à l''égard des indigents...

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